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L’enfant,
l’adulte, la loi :
l’ère du soupçon ?
sous la direction de Françoise
Petitot
Aujourd’hui, s’occuper d’enfants inclut un
risque permanent pouvant entraîner des attitudes professionnelles
néfastes vis-à-vis des enfants et des parents
et des conséquences judiciaires (civiles ou pénales).
La notion de maltraitance ainsi que celle des droits de l’enfant
(avalisée par une convention internationale) réorganisent
l’ensemble des mal-êtres de l’enfant autour
de l’idée de l’enfant victime et du parent
- voire de l’adulte - coupable, et modifient profondément
le regard que nous portons sur les rapports des adultes et des
enfants.
Les parents, potentiellement dangereux pour les enfants, sont
soupçonnés de les abuser sexuellement au moindre
geste équivoque, de les maltraiter en les punissant,
de les abandonner en ne leur parlant pas suffisamment. Ils ne
peuvent plus se fier à leur propre expérience
enfantine ni s’identifier à leurs propres parents
dans leurs modes d’éducation. Ils sont souvent
désorientés et, pour certains d’entre eux,
ne savent plus comment intervenir auprès de leurs enfants.
Les enfants, largement informés de leurs “droits”,
peuvent ainsi contester les contraintes que voudraient leur
imposer les adultes - parents, éducateurs ou enseignants
- dont les modes d’exercice de l’autorité
sont sans cesse interrogés par les spécialistes
de l’éducation, par les psychologues, voire même
par les juges.
Si les enfants ont longtemps été pensés
comme des êtres “toujours menteurs”, aujourd’hui
leur parole, considérée comme “forcément
vraie”, fait autorité. Face à cette parole,
celle des adultes présumés coupables peut se trouver
disqualifiée a priori. L’enfant, réduit
à la seule dimension accusatrice de sa parole, peut-il
encore être entendu dans sa souffrance ?
Dans le même temps se dégage la figure du jeune,
de plus en plus jeune, violent si ce n’est délinquant.
Cette figure du jeune, non plus en danger mais dangereux, bien
connue au siècle dernier, fait ressurgir chez les adultes
la peur et la tentation d’une répression accrue.
Il ne s’agit plus d’une problématique singulière
nécessitant des soins ou une pratique éducative
spécialisée, mais d’un problème de
société lié à une défaillance
généralisée de l’autorité
des parents, celle du père essentiellement.
Comment, alors, les parents peuvent-ils exercer leurs responsabilités
?
Tout cela amène les pouvoirs publics à inviter
les professionnels (médico-psycho-socio-éducatifs)
à soutenir la fonction parentale. Mais ne sont-ils pas
tentés de solliciter les parents du côté
d’une compétence éducative, plutôt
que d’interroger la dimension désirante d’un
père ou d’une mère ?
Eux-mêmes, limités dans leur réflexion et
dans leurs actes par le soupçon qui pèse sur eux
comme sur tous les adultes, et par le dispositif même
de protection de l’enfance, n’en arrivent-ils pas
à examiner sans cesse leurs interventions sous l’angle
des risques qu’ils encourent ?
Dans ce contexte, que peut-on penser pour l’avenir de
la construction des instances psychiques des enfants ? L’autonomie
de plus en plus précoce qui leur est demandée
ne risque-t-elle pas de les conduire à la solitude face
à des adultes en-través dans leur fonction de
transmission à l’égard de leur descendance
?
Quels nouveaux repères pourraient trouver les adultes
pour soutenir leur position et leur responsabilité, pour
que les professionnels puissent s’investir réellement
dans l’éducation des enfants et leur protection,
en sachant faire avec le risque tant subjectif qu’institutionnel
?
T A B L E D E S M A T I E R E S
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Avant-propos
Françoise Petitot |
1 - L’institution en crise
|
Le risque du soupçon
Françoise Petitot |
|
Les paradoxes de la prévention
Monique Gaas |
TÉMOIGNAGE
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La parole de l’enfant
: comment l’entendez-vous ?
Daniel Deprez |
2 - Le corps interdit
|
Quand brûle l’entre-peaux...
Quelques réflexions sur le corps-à-corps
en éducation
Henri De Caevel |
|
Faut-il nier la sexualité
infantile pour reconnaître l’abus ?
Patrick Ayoun |
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La révélation
du secret comme traumatisme
Arlette Pellé |
TÉMOIGNAGE
|
Le secret
Jean Beauvais |
|
Les souffrances de l’enfant |
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Introduction Marc
Laurent |
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Thérapies en institution
Maryvonne Barraband |
|
Plaidoyer pour une (d)énonciation
des effets psychiques du traumatisme d’abus sexuels
Christine Leprince |
3 - La violence de la judiciarisation
|
À propos de la violence
légitime et de ses excès
Hervé Hamon |
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Signaler n’est pas prouver
Claire Neirinck |
|
Illusions et fantasmes dans
le recours au juge
Bruno Deswaene |
|
Entre violence familiale et
violence judiciaire, quel espace pour le travail en AEMO
?
Josette de Pracontal |
TÉMOIGNAGE
|
Le signalement : pour qui ?
Pourquoi ?
Eric Mangin |
4 - Pas d'éducation sans transmission
|
La crise de l’autorité
Jean-Pierre Lebrun |
|
À quels enfants allons-nous
laisser le monde ?
À propos des « mineurs délinquants
»
Thierry Baranger |
|
Le judiciaire, créateur
et destructeur de parentalité |
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La recherche proprement dite,
les enjeux de la parentalité, note de synthèse
Hervé Hamon |
|
Le couple contre la famille
ou l’incapacité pour le couple d’accéder
au statut de parents. Présentation de cas
Hervé Hamon |
|
Une prise en charge dans le
cadre d’une mesure éducative en milieu ouvert.
Présentation de cas
Joëlle Lalanne |
TÉMOIGNAGE
|
Le soutien de la parentalité
: une affaire de professionnels
Marie Delannette |
Conclusion
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La solitude de l’enfant
Janine Oxley |
Annexe
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Réflexions sur le corps-à-corps
en éducation
Le GRAPE |
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