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De plus en plus souvent dans notre pratique clinique, nous rencontrons des jeunes isolés étrangers, population vulnérable relevant de la protection de l’enfance. Soumise à la médiatisation, leur prise en considération par la société d’accueil dépend des aléas de la politique nationale et internationale.Un travail pluridisciplinaire est indispensable à la prise en charge souvent complexe et multidimensionnelle des adolescents isolés étrangers. Régulièrement, ces jeunes présentent des problématiques somatiques, psychiques, éducatives et sociales étroitement liées. Les enjeux institutionnels au sein et entre les différentes structures œuvrant auprès d’eux (ASE, Hôpital, Éducation nationale, Justice…) influencent le bon déroulement de ces accompagnements.
L’utilisation massive des nouvelles technologies, et notamment d’internet et du numérique, modifie imperceptiblement les rapports humains et génère de nouveaux questionnements dans le travail éducatif, pédagogique et thérapeutique avec les enfants et les adolescents. L’espace virtuel définit-il, via les différents écrans, un nouvel imaginaire ? A-t-il des incidences sur l’expression de la psychopathologie ? Alors que l’enjeu du voir et se faire voir semble au premier plan, observe-t-on de nouvelles formes de cristallisation de la souffrance psychique autour de ces identités virtuelles, plus ou moins travesties ? Le virtuel numérique, en sollicitant fortement le virtuel psychique en tout un chacun, conduit-il à l’émergence de nouveaux modes de lien social ? Et avec eux de nouvelles mises en scène des difficultés relationnelles, comme les hikikomori, les suicides en ligne… ?
La parole de l’enfant, spontanée ou suscitée, est pourvue d’un statut particulier. Est-elle à prendre au mot ? En protection de l’enfance, elle est attendue par les adultes pour étayer leurs réflexions, hypothèses, projets ou décisions. Mais elle peut être piégée dans des écrits professionnels, érigée en vérité, disqualifiée, amenée sur la scène judiciaire, utilisée à charge ou à décharge. L’adulte est-il alors un « rapporteur » ou un « porte-parole » ? Citer un enfant, est-ce prêter sa voix à sa parole ou est-ce l’exposer, voire le trahir ? Ces enfants protégés ont-ils encore, et comme les autres, le droit à « la carabistouille », aux histoires, à l’oubli, à la contradiction, à la légèreté, au silence, et même au mensonge ? Et le professionnel, peut-il aussi parfois choisir de ne pas entendre ? Laisser dire sans réagir ni agir ? Maudits (mots dits), les mots des enfants sont prompts à éveiller les fantasmes des adultes.
Grandir à l’adolescence est une nécessité : accompagner l’enfant dans son chemin vers l’autonomie et ne pas être trop loin de lui lors du franchissement adolescent semblent mobiliser des évidences. Les observations des professionnels montrent cependant que, quand l’enfant et son environnement sont en difficultés ou quand les repères sociétaux entrent dans des modifications radicales, les évidences sont d’abord des chausses trappes. Nous explorerons les possibilités de retrouver le bon sens des pratiques avec ceux qui grandissent près de nous.

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L’origine latine du mot « fiction » est un verbe dont les définitions recouvrent tout autant l’acte de « manier », « caresser », « composer » ou encore « feindre ». Dans quelle mesure est-il nécessaire pour un sujet d’accompagner son histoire subjective de ces mouvements ? Que nous enseigne la clinique de l’enfance et de l’adolescence sur leur caractère nécessaire, tout à la fois symbolique et imaginaire, dans la construction subjective ? Nos pratiques peuvent-elles s’appuyer sur les « fictions » pour accompagner, éduquer, soigner ?
Depuis la nuit des temps, les princes et les princesses font le miel de la littérature de jeunesse. Des contes classiques revisités et largement adaptés au cinéma à l’explosion des romans fantastiques, ces figures ancestrales et mythiques ne semblent pas céder de place, y compris dans les histoires les plus modernes. Ces récits merveilleux touchent tous les publics, des enfants aux adolescents. Comment expliquer une telle prégnance ? Comment ces récits sont-ils reçus? Quelles évolutions peut-on discerner? Les princes et princesses seraient-ils immortels ?
Que sont les enfants du divorce aujourd’hui devenus ? Les enfants de parents séparés sont-ils mieux protégés dans leur place de fils ou fille à l’heure du divorce clef en main, de la garde alternée et des familles recomposées ? Ou bien le « consentement » exigé pour ces divers aménagements ne fait-il que voiler une réalité persistante où l’enfant est l’objet et/ou l’enjeu des conflits entre les adultes ? Jusqu’à envahir son espace thérapeutique pourtant souvent demandé par un parent (envoie-t-il l’enfant à sa place ?) comme en témoignent de nombreux praticiens ?
Addicts, accros, dépendants… À qui, à quoi ? Dans une société de l’immédiateté, où la frustration et le manque peinent à trouver une place pour s’élaborer, comment le sujet peut-il passer du besoin au désir ? Faute de ce passage, toutes formes d’activités, pourtant vitales et socialisantes (nourriture, jeux, téléphonie, travail, sexualité…) peuvent devenir supports de dépendance plutôt que de rencontre, l’autre étant amalgamé à un besoin. L’addict resterait avide de substances, de relations, d’activités, venant combler un blanc, un vide qui ne peut se penser, et se répète alors sans cesse.
Ce qui se présente sous l’apparence de l’urgence impose aujourd’hui une réponse immédiate. Protocolarisée, la construction standardisée de celle-là abrase la qualification subjective de l’urgence dont le rythme ne laisse aucune place à l’attente, à l’élaboration. L’impérieuse exigence, telle que l’enfant ou l’adolescent la manifeste dans diverses situations, pousse, dans certains cas, parents, éducateurs, à accorder une satisfaction immédiate, à « donner tout ce dont il a besoin », ne trouvant plus les moyens d’énoncer un non.
Dire, taire, mentir, très usités dans le quotidien familial et/ou professionnel, ont tous les trois cette particularité d’être noués à la question de la maîtrise et de la manipulation de la vérité et du mensonge quand on écoute sans entendre. Quels dires, quels silences, quels mensonges, quelle discrétion, quelle transparence sont légitimes aujourd’hui pour le législateur, les professionnels, les familles et pour chacun d’entre nous, dans l’intime, le privé et le public ?
« Pourquoi on vit ? », « D’où vient-on ? », « Est-ce que tu crois en Dieu ? », « Est-ce qu’il y a de l’amour dans le cœur ? », « Où on va quand on est mort ? » : l’enfant, tout petit, se pose des questions existentielles et ne se prive pas d’interroger les adultes. Lorsque les parents donnent ou avancent leurs réponses, ils inscrivent l’enfant dans leur façon de penser. Qu’en est-il pour les professionnels confrontés dans leurs pratiques, au sein de leurs institutions, à la question des croyances qui provoquent interrogations et polémiques ? Quelle écoute porter à cette problématique, si peu parlée, mais si souvent rencontrée ?
Déficient, polyhandicapé, TCC, dysphasique, dyspraxique… autant de termes qui, aujourd’hui, caractérisent l’enfant handicapé. Comme si la perception du handicap était, elle aussi, prise dans une lecture moderniste , voire modernisée, en lien avec le progrès technique ou l’évolution des pratiques professionnelles. Cette nouvelle vision nous conduit-elle à une représentation différente de l’enfant handicapé ? Qu’en est-il fondamentalement de notre conception du handicap et de son inscription dans la dynamique psychique du sujet désirant ?